
Si j’ai choisi cette image de l’Homme de Vitruve pour illustrer cet article, c’est pour deux raisons.
La psychologie humaniste apparaît dans les années 1960, dans les domaines de la psychothérapeutique. À l’époque, deux écoles dominent le secteur : le comportementalisme (essentiellement utilisé aujourd’hui en rapport avec l’accompagnement des troubles autistiques, des troubles obsessionnels compulsifs, des comportements addictifs ou la gestion des protocoles industriels) et la psychanalyse (qui suppose l’idée d’un déterminisme psychique induisant la pertinence de procédés tels que l’investigation des processus mentaux afin de déterminer la raison d’être de certains actes, pensées, symptômes et/ou de traiter des souffrances d’origine psychique).
S’inscrivant dans la période de l’après-guerre, dominée par les traumas collectifs et en recherche de sens, la psychologie humaniste s’intéresse plus à ce qui détermine un être humain épanoui qu’à ce qui détermine un être humain malade.
L’idée est qu’un être vivant est habité par des élans dits “positifs”, “constructifs”. À savoir que la recherche de tout être vivant est l’existence la plus adaptée possible aux stress de l’environnement afin non seulement de survivre mais de vivre une existence la plus favorable à un développement paisible et harmonieux. Ce qui est a priori questionné n’est donc pas les motivations de l’être, mais ses stratégies. Les comportements destructeurs seraient des réponses dysfonctionnelles à un environnement inadéquat. Au-delà donc de l’adaptation, l’être vivant vise à la quête de sens, la créativité, le dépassement de soi. Les stratégies mises en place par l”individu doivent tenir compte de ses besoins et de la conscience de ses motivations.
Deux principaux fondateurs sont cités comme étant à l’origine de la psychologie humaniste :
Carl E. Rogers (1902 – 1987) : c’est le fondateur de la “thérapie centrée sur la personne”. Il amène les concepts d’empathie, de congruence et de non-jugement (voire de regard positif inconditionnel). Ainsi Rogers ne conçoit plus le thérapeute comme celui qui soigne mais comme celui qui accompagne le patient vers sa propre guérison, s’apparentant à un facilitateur. Il part du principe que l’être vivant cherche toujours à se réaliser, à se développer, à maintenir sa cohérence interne.
Abraham Maslow (1908 – 1970) : il est le père de la théorie de la hiérarchisation des besoins (bien qu’il ne l’ait pas inventée, la Pyramide de Maslow est ce que l’on connaît qui représente le mieux cette théorie) ; il amène aussi la théorie de l’auto-actualisation, à savoir le besoin de devenir ce que l’on est capable de devenir. Dit autrement, c’est l’idée d’atteindre son plein potentiel en exploitant ses talents, compétences et capacités créatives.
Marshall Rosenberg (1934–2015) : Disciple de Carl E. Rogers, Marshall Rosenberg est le créateur de la Communication Non-Violente. La CNV détermine les notions de besoins universels, d’empathie relationnelle, de “responsabilité” personnelle, appliquées à la communication et à la gestion des conflits.
La psychologie humaniste est donc un courant de la psychologie qui considère l’être humain comme fondamentalement capable, orienté vers la croissance, ayant besoin de liberté et animé par la réalisation de soi.
Elle part du principe que chacun est en mesure de donner du sens à sa vie, que chacun possède un potentiel demandant à être conscientisé. Elle remet l’humain au centre de sa réflexion et de son champs thérapeutique, elle valorise la notion de subjectivité et favorise les aspects positifs et évolutifs de l’individu plutôt que ses pathologies.
Remarque : je souhaite souligner cette notion de subjectivité. Elle implique que chaque individu perçoit, ressent et interprète le monde à sa manière, et que cette expérience personnelle est la clé pour comprendre son comportement, par le biais de l’empathie essentiellement évoquée par Carl Rogers.