Skip to content

Présentation du Massage Tuina

Avant de vous lancer dans la lecture de cet article, peut-être est-il important de souligner que je ne pratique plus le massage à titre professionnel (Voir en bas de page).
Si vous souhaitez recevoir un massage nous pouvons en parler. La bonne nouvelle c’est qu’il ne sera pas payant, la mauvaise c’est que ce ne sera pas souvent.

Si je présente cet article, c’est parce que mon travail en condition physique est enrichi par cette belle pratique qu’est le Tuina et que je souhaite que mes élèves aient connaissance de cet héritage.

Synthèse théorique

  • La théorie du Tuina est celle de l’énergétique chinoise.
  • Le Tuina est un moyen de préserver l’énergie dans son intégralité aussi bien qualitative que quantitative, et ainsi de maintenir l’individu en bonne santé (santé et longévité)
  • L’objectif fondamental du TUINA est de préserver ou de rétablir la bonne circulation de l’énergie et du sang pour le bien-être de l’individu en prévenant les déséquilibres organiques, en soulageant les phénomènes douloureux, en levant les blocages et obstructions divers qui peuvent survenir dans le corps, influant par ce fait non seulement sur les affections bénignes, mais aussi sur les maladies de longue durée.
  • Le Tuina se pratique en traitant les trajets énergétiques que sont les méridiens d’acupuncture, les méridiens tendinos-musculaires, les points d’acupuncture, les organes eux-mêmes et les différentes zones réflexes du corps, le long des trajets veineux, lymphatiques, sur le système ostéo-articulaire, enfin sur toutes les composantes du corps.
  • L’application du Tuina se fait (pour un praticien expérimenté et donc un thérapeute) après une étude des déséquilibres énergétiques du corps, de l’état des cinq organes, des six entrailles, après étude de la couleur, de la chaleur, de l’humidité de la peau, de l’étude des yeux, de la langue, de tout ce qui en surface reflète l’équilibre ou le déséquilibre interne du corps. À la suite de l’étude de toutes ces observations, donc de l’établissement d’un bilan précis, on traite en débloquant l’énergie là où elle stagne, là où elle ne circule plus, là où elle est en excès, ou au contraire en la dirigeant vers les zones où elle manque.
  • Le Tuina comprend un nombre important de manœuvres différentes ayant chacune leur spécificité, les unes équilibrantes, les autres dispersantes, les autres encore tonifiantes. Certaines de ces manœuvres sont spécifiques à une zone particulière du corps, tenant compte de l’épaisseur des tissus situés ou non au-dessus des os ou des articulations. Les manœuvres ne seront pas les mêmes sur un genou ou un coude que sur une masse musculaire comme celle de la cuisse ou des fesses, l’énergie n’ayant pas la même qualité selon que le plan est dur ou plus ou moins mou.
Le corps est le reflet de la santé et c’est justement sur le corps que nous appliquons le Tuina, pour rendre la santé à celui-ci. Le corps est la cristallisation de l’énergie originelle. C’est donc de l’énergie fondamentale que vient la forme corporelle. La matière est née de l’énergie et respectant en cela les concepts du Yin et du Yang, l’un va avec l’autre.
 

Ce que permet le Tuina

  • l’amélioration de la circulation du sang et de l’énergie
  • l’élimination des blocages énergétiques
  • la détente des articulations, des muscles et des tissus mous
  • la remise en place et le déblocage des articulations
  • l’équilibre entre le corps et l’esprit par une détente générale, et ainsi l’action sur la sphère psychologique.
  • l’élasticité et la résistance tendineuses et ligamentaires
  • la régulation des aspects fonctionnels du corps (digestion, évacuations organiques, souplesse, sommeil)
  • le renforcement du système immunitaire
  • l’accompagnement de la libération et de l’évacuation des toxines (tabac, alcool, excès alimentaires, stress…)
  • l’accompagnement de la gestion des émotions (anxiété, peurs, colères, exubérance, mélancolie…)
  • l’apaisement du corps, la baisse de la pression émotionnelle, et donc la tranquillité de l’esprit et l’amélioration des capacités d’attention.

Les techniques du Tuina

On y trouve des palpés, des roulés, des frottés, des percussions, des enveloppements, de la digipuncture, des échauffements, des étirements, des rotations, des torsions, du pétrissage, de la manipulation, du “secouement”, des pressions, des pincements et d’autres encore… Toutes ces techniques ne sont pas utilisées dans un massage, certaines ne le sont même que très rarement.

Pourquoi je ne propose plus le Tuina sur le plan professionnel ?

Le fait que je ne le propose plus à titre professionnel ne signifie pas que je ne le pratique plus. Le massage a toujours été et fera toujours (je l’espère) partie de ma vie. Toucher et être touché est essentiel et le Tuina est pour moi une chouette manière de mettre en pratique cet adage. C’est aussi un moment de partage et un cadeau généreux à offrir à une personne.

Cependant, le Tuina est une étude du vivant, comme les arts martiaux, la botanique, la physique ou la biologie. Cela demande un investissement dans le contexte de la formation continue. Bien que certifié, je ne suis plus assez investi dans cette démarche pour revendiquer une légitimité de pratique. 

De plus, comme je le dis dans cet article, je suis passé par une phase de turbulences qui a provoqué un changement de paradigme ayant évidemment suscité des modifications de ma vie professionnelle. Entre autres choses, la relation thérapeutique, que j’ai eu l’occasion d’explorer durant quelques années, ne correspond pas à ce qui me fait vibrer. Maintenant que j’en ai réellement pris conscience, je retrouve ma posture d’accompagnant éducatif, me servant du support de la condition physique, du rapport au corps, pour transmettre et explorer des théories appartenant au même registre que celles du Tuina, enrichies par les sciences humaines qui sont chez moi le socle de ma vie professionnelle.

Enfin, je crois que l’état d’équilibre physique et mental, comme le suppose Carl Rogers, peut être facilité par un accompagnant mais que le patient, en fait devenu l’interlocuteur dans ce nouveau paradigme, doit être l’acteur principal de sa stratégie. Je crois n’avoir pas réussi à trouver la posture favorisant cela, peut-être parce que mon être profond correspond mieux à l’éducateur qu’au thérapeute.

Dans cette perspective, je souligne l’existence d’un document édité par l’OMS en 2024, nommé ETP pour Éducation Thérapeutique du Patient, visant à, je cite, : “[soutenir] les patients vivant avec une maladie chronique dans l’auto-prise en charge de leur santé, par le recours à leurs propres ressources et avec l’appui de leurs soignants et de leur famille.”

Dans ce document on évoque à plusieurs reprises de quelle manière la notion de condition physique peut être, en partie,  adaptée à cette “auto-prise en charge”.

Je n’ai aucun doute que ces conseils destinés aux professionnels comme aux patients peuvent (doivent ?) être appliqués y compris en dehors du champs des maladies chroniques.

C’est sur cette conviction que s’appuie maintenant mon projet professionnel, dont la composante éducative est (re)devenue principale tandis que le champs thérapeutique est devenu “induit”.