Avant de vous lancer dans la lecture de cet article, peut-être est-il important de souligner que je ne pratique plus le massage à titre professionnel (Voir en bas de page).
Si vous souhaitez recevoir un massage nous pouvons en parler. La bonne nouvelle c’est qu’il ne sera pas payant, la mauvaise c’est que ce ne sera pas souvent.
Si je présente cet article, c’est parce que mon travail en condition physique est enrichi par cette belle pratique qu’est le Tuina et que je souhaite que mes élèves aient connaissance de cet héritage.


On y trouve des palpés, des roulés, des frottés, des percussions, des enveloppements, de la digipuncture, des échauffements, des étirements, des rotations, des torsions, du pétrissage, de la manipulation, du “secouement”, des pressions, des pincements et d’autres encore… Toutes ces techniques ne sont pas utilisées dans un massage, certaines ne le sont même que très rarement.

Le fait que je ne le propose plus à titre professionnel ne signifie pas que je ne le pratique plus. Le massage a toujours été et fera toujours (je l’espère) partie de ma vie. Toucher et être touché est essentiel et le Tuina est pour moi une chouette manière de mettre en pratique cet adage. C’est aussi un moment de partage et un cadeau généreux à offrir à une personne.
Cependant, le Tuina est une étude du vivant, comme les arts martiaux, la botanique, la physique ou la biologie. Cela demande un investissement dans le contexte de la formation continue. Bien que certifié, je ne suis plus assez investi dans cette démarche pour revendiquer une légitimité de pratique.
De plus, comme je le dis dans cet article, je suis passé par une phase de turbulences qui a provoqué un changement de paradigme ayant évidemment suscité des modifications de ma vie professionnelle. Entre autres choses, la relation thérapeutique, que j’ai eu l’occasion d’explorer durant quelques années, ne correspond pas à ce qui me fait vibrer. Maintenant que j’en ai réellement pris conscience, je retrouve ma posture d’accompagnant éducatif, me servant du support de la condition physique, du rapport au corps, pour transmettre et explorer des théories appartenant au même registre que celles du Tuina, enrichies par les sciences humaines qui sont chez moi le socle de ma vie professionnelle.
Enfin, je crois que l’état d’équilibre physique et mental, comme le suppose Carl Rogers, peut être facilité par un accompagnant mais que le patient, en fait devenu l’interlocuteur dans ce nouveau paradigme, doit être l’acteur principal de sa stratégie. Je crois n’avoir pas réussi à trouver la posture favorisant cela, peut-être parce que mon être profond correspond mieux à l’éducateur qu’au thérapeute.
Dans cette perspective, je souligne l’existence d’un document édité par l’OMS en 2024, nommé ETP pour Éducation Thérapeutique du Patient, visant à, je cite, : “[soutenir] les patients vivant avec une maladie chronique dans l’auto-prise en charge de leur santé, par le recours à leurs propres ressources et avec l’appui de leurs soignants et de leur famille.”
Dans ce document on évoque à plusieurs reprises de quelle manière la notion de condition physique peut être, en partie, adaptée à cette “auto-prise en charge”.
Je n’ai aucun doute que ces conseils destinés aux professionnels comme aux patients peuvent (doivent ?) être appliqués y compris en dehors du champs des maladies chroniques.
C’est sur cette conviction que s’appuie maintenant mon projet professionnel, dont la composante éducative est (re)devenue principale tandis que le champs thérapeutique est devenu “induit”.